Les 7 types de fatigue et de repos adaptés au monde de l’endurance.

Vous avez peut-être déjà entendu parler des 7 types de repos identifiés par le Dr Saundra Dalton-Smith et présentés dans le TED X “How to be a better human”?

Ces 7 types de repos nous font réaliser que dormir plus ne suffit bien souvent pas à récupérer car la fatigue vient aussi d’autres sphères de notre vie que l’on ne soupçonne pas ou que l’on néglige.

J’ai trouvé cette réflexion très intéressante et j’ai souhaité l’appliquer au monde des sports d’endurance où l’on réduit souvent la fatigue à la simple sphère physique, alors que l’on est tout aussi concerné par les 6 autres types de fatigue identifiés par Saundra Smith.

Les 7 types de fatigue – Version Sports d’endurance. De quoi s’agit-il vraiment?

La fatigue physique

Elle est liée à l’entraînement en lui-même et à l’enchaînement des séances. Lorsqu’elle ne devient pas chronique, cette fatigue est saine car c’est elle qui nous fait progresser. Attention, la fatigue chronique peut être liée à des déficits ou carences en micro-nutriments et au déficit énergétique, très courant chez l’athlète d’endurance.

La fatigue créative

Elle peut être présente chez celles et ceux qui cherchent à se réinventer en permanence, à sortir des sentiers battus et à choisir leur manière de s’entraîner ou de performer. Elle concerne les créateurs de contenus également.

La fatigue mentale

Elle est liée à tout ce qui doit être réfléchi, pensé, anticipé autour de l’entraînement : Nutrition, liste d’attente pour avoir un dossard, planification de la saison, déplacements, gestion de la famille, du quotidien, de la vie professionnelle.

La fatigue spirituelle

Je la relie ici à une perte de sens dans le fait de courir, de ne plus être en lien avec son “pourquoi”, de se sentir en décalage par rapport aux réseaux sociaux, aux influenceurs, à la course aux dossard…De ne plus savoir pourquoi ni après quoi on court finalement.

La fatigue sociale

Group Runs, entraînements en club, événements de masse, pression à faire certaines courses, à se montrer, à entretenir ses réseaux et à performer sans pause peuvent mener à une fatigue de type “sociale”…

La fatigue sensorielle

Cette fatigue peut trouver son origine dans le fait de courir avec de la musique, dans des environnements bruyants ou pollués, visuellement stressants, avec une montre qui vibre ou qui sonne…et de réseaux sociaux sur-stimulants.

La fatigue émotionnelle

Pression constante sur les chronos et la progression, surveillance des datas, VFC, Vo2Max, Seuil lactique, FCR, comparaison via Strava ou autre appli…

Maintenant qu’on a identifié ces sources de fatigue, on fait quoi?

Une fois les sources de fatigue identifiées, il va falloir agir pour ne pas continuer à les subir. Cela peut passer par des stratégies conscientes, ou le simple fait de ré-évaluer ses pratiques et de décider de les voir évoluer à court, moyen et long terme.

À ces différentes sources de fatigue correspondent des actions simples à mettre en place que je me propose de vous partager ici.

Une fatigue = Un repos

En réponse à la fatigue physique

Faire un bilan complet avec un Micro/Nutritionniste du sport compétent. Identifier ses déficits, revoir sa nutrition et son plan d’entraînement ou sa façon d’encaisser les stress me semble essentiel et incontournable pour tout sportif d’endurance qui souhaite bien faire les choses.

En réponse à la fatigue créative

on répondra en faisant confiance à un coach pour planifier notre saison, identifier des courses à objectifs tenables et gérer toute cette partie de notre vie sportive. On relâchera aussi la pression sur les contenus à partager…Est-ce utile de tout partager tout le temps?

En réponse à la fatigue mentale :

Prendre un peu de recul et ré-organiser intelligemment sa vie sportive et personnelle. Se pencher sur les carences qui affectent le mental. Soigner son système nerveux et obtenir toutes les clés pour bien vivre sa vie civile, familiale et sportive.

En réponse à la fatigue spirituelle :

Se remémorer le plaisir sincère des premières sorties, partir courir sans regarder sa montre, jouer à courir, renouer avec la notion de “privacy”, se faire un challenge en OFF pour soi, se concentrer sur ses sensations et pas sur le chrono, au moins une fois par semaine.

En réponse à la fatigue sociale :

Courir seul(e), ne plus regarder ce que font les autres, garder pour soi ses prochains dossards, choisir d’être low profile.

En réponse à la fatigue sensorielle :

Partir courir sans musique, mettre sa montre en silencieux, ne pas prendre son téléphone avec soi, choisir des endroits calmes en nature, adapter ses horaires pour ne pas croiser trop de monde et se reposer sensoriellement.

En réponse à la fatigue émotionnelle :

Lâcher les datas pour revenir à son corps et à ses sensations. Avoir confiance en ses capacités et accepter de ralentir pour mieux se retrouver ensuite. Consigner dans un carnet : sorties, sensations, plaisir éprouvé…


Tu l’as compris, la fatigue physique n’est pas la seule responsable, (même si elle s’explique en grande partie par des déficits micro-nutritionnels et nutritionnels chez les sportifs d’endurance) et dormir 8h par nuit n’est parfois pas suffisant pour récupérer.

les 6 autres types de fatigue décrits dans cet article ont pour moi toute leur place chez les sportifs d’endurance et méritent d’être considérés avec autant de sérieux que la fatigue physique.

J’espère que cela t’aura éclairé et permis d’identifier des sources de fatigue que tu ne soupçonnais pas jusqu’à présent.

Personnellement, je suis très sensible à la fatigue sensorielle et j’ai besoin de courir dans des endroits calmes loin de la ville et du monde. Et vous? Quelle fatigue vous concerne le plus? En aviez-vous déjà conscience? Et que faites-vous pour y remédier?

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