Affirmer que les amateurs n’ont pas besoin de compléments, c’est ignorer la réalité des sports d’endurance.

J’ai récemment vu tourner sur les réseaux une interview dans laquelle il est matraqué que les athlètes amateurs n’ont pas besoin de prendre des compléments alimentaires, que ces derniers s’avèrent « dangereux et délétères pour la santé », avec pour exemple la mort d’un jeune homme qui avait acheté un « brûle-graisses » sur internet.

Cet interview m’a semblé problématique pour différentes raisons, et j’aimerais vous partager ici mon point de vue, car j’accompagne principalement des athlètes amateurs, et que je ne suis absolument pas d’accord avec cette prise de position aussi dangereuse que lacunaire et trompeuse.

On debrief tout ça ensemble avec 4 points litigieux :

Premier point litigieux : « les athlètes amateurs ».
De qui parle t-on exactement ici?

Comme j’aime définir clairement les choses, et qu’il me semble essentiel de comprendre de quoi l’on parle en général….je vous partage une définition claire trouvée sur le site d’un cabinet d’avocats :

« Dans la logique du droit du travail et du droit commercial, une loi du 27 novembre 2015 visant à protéger les sportifs de haut niveau définit le sportif professionnel comme une personne : subordonnée juridiquement à une association sportive ou une société, rémunérée pour l’exercice d’une activité sportive »1

Un sportif amateur en somme, c’est un sportif qui ne gagne pas d’argent avec sa pratique.

Alors en quoi est-ce que le fait de ne pas être rémunéré pour sa pratique impacterait-il le besoin ou non de prendre des compléments alimentaires?

Je vois chaque semaine en consultation des sportifs amateurs, donc non rémunérés, qui ont des volumes d’entraînements très importants, parfois proche de certains élites, et qui ont forcément un impact sur leur physiologie et leurs besoins micro/nutritionnels.

L’argument élite / amateur ne tient pas la route, à moins que par « amateur », l’interviewé sous-entendait des sportifs avec un niveau trop faible pour que cela ait un impact sur leur statut micro-nutritionnel. Et encore, même dans ce cas on peut avoir des surprises, car l’entraînement seul n’est pas un repère satisfaisant pour juger du besoin ou non de se complémenter.

Quand on voit l’engouement général pour les sports d’endurance et l’état de santé des gens, je crois qu’il faudrait plutôt véhiculer le message opposé : Si vous êtes amateur et que vous souhaitez pratiquer un sport d’endurance, assurez-vous avant tout d’être en bonne santé et de bien faire les choses pour maintenir cet état de bonne santé et vous assurer des performances dignes de votre potentiel.

Deuxième point litigieux : « tout est dans l’alimentation, il suffit de manger de tout »

Encore une fois ici, nous restons dans le vague. Si par « tout » on entend vitamines, minéraux et oligo-éléments, alors non, « tout » ne se trouve pas dans l’alimentation, et encore moins dans l’alimentation de sportifs, non professionnels de la nutrition, qui peinent à évaluer leurs besoins en termes d’apports nutritionnels, ou qui n’ont tout simplement pas les bons réflexes en ce qui concerne la saisonnalité, l’importance de favoriser l’agriculture biologique ni le choix des aliments les plus pertinents en terme de densité nutritionnelle.

Chaque semaine en consultation, je mène un immense travail d’éducation et de transmission pour aider les athlètes amateurs qui font appel à mes services à organiser leur nutrition de manière cohérente et optimale afin que celle-ci soutienne efficacement leur métabolisme. Je vous l’assure, la majorité ne sait pas « tout » trouver dans l’alimentation. Ça n’est pas inné et ça n’est pas enseigné dans les écoles.

Autre problème, la qualité des sols étant ce qu’elle est aujourd’hui, nous nous retrouvons avec des produits pollués, dont la densité nutritionnelle est loin de ce qu’elle devrait être : Une pomme aujourd’hui contient par exemple 50x moins de vitamine C qu’une pomme récoltée dans les années 50. La viande rouge, quant à elle, apporte deux fois moins de fer qu’il y a 70 ans…2

Ça n’est clairement pas en mangeant « de tout » que l’on s’assure un bon statut micro-nutritionnel… D’ailleurs si l’on doit manger « de tout », cela implique aussi produits ultra-transformés, charcuterie de supermarché, ces crèmes dessert ultra sucrées et tomates en hiver?

(…)

J’aimerais ajouter pour clore ce point n°2 que 90% des athlètes amateurs que je vois, sont, le jour de la consultation de bilan initial, en déficit énergétique. Difficile d’aller trouver ce fameux « tout » dans l’alimentation si celle-ci est déjà déficitaire.

Troisième point litigieux : Un sportif est mort en achetant un « brûle-graisse » sur internet.

Le débat qui devait initialement concerner les vitamines, minéraux et oligo-éléments, s’éloigne pour aborder la question d’un « brûle graisse » acheté par « un sportif » « sur internet ».
Encore une information vague car on ne sait ni de qui il s’agit, ni quel produit cette personne a commandé, ni comment elle l’a pris. Aucune information sur ses antécédents, son équilibre mental ou autre…

De faire d’un cas obscur une généralité, ça n’a rien de scientifique, ni de très pertinent.

Et puis quel rapport avec les compléments alimentaires les plus consommés par les sportifs? à savoir le magnésium, le zinc, la créatine ou le fer? c’est là que doit se situer le débat, pas sur un produit « brûle graisse » qui n’a rien à voir avec la pratique sportive.

Les compléments alimentaires ne doivent évidemment pas être achetés à l’aveugle et pris sans conseil éclairé ni biologie préalable. Il est tout à fait courant de faire des erreurs en souhaitant se supplémenter seul. C’est même récurent. Le débat aurait du être orienté dans cette direction pour apporter une information utile aux fameux amateurs. Instiller la paranoïa avec des arguments fallacieux sur un produit farfelu me semble là encore problématique.

Le vrai problème ici, c’est l’auto-médication à la sauvage alors qu’il est essentiel de faire appel à un professionnel pour évaluer d’abord ses déficits, choisir les bons produits, les prendre sur un temps adapté, et ré-évaluer la pertinence ou non de continuer la cure.

Et pour cela, mieux vaut faire appel à un spécialiste des sports d’endurance formé à la micro-nutrition car les normes laboratoires ne reflèteront pas les besoins spécifiques des sportifs d’endurance.

Petit exemple avec la ferritine dont le taux optimal pour un sportif d’endurance a été évalué entre 50 et 130ng/ml3. Hors, si l’on se réfère aux normes laboratoires, on constate qu’un taux de ferritine allant de 20ng/ml à 400ng/ml est considéré comme normal.4

La norme n’est pas la normalité en ce qui concerne les sportifs, amateurs ou élites.
Et cette conclusion nous mène directement à mon dernier point.

100% des athlètes amateurs que j’accompagne présentent à la consultation de bilan initial un ou plusieurs déficits en micro-nutriments essentiels à la production d’énergie, au métabolisme, à l’immunité ou au fonctionnement hormonal.

99,98% des athlètes féminines qui font appel à mes services, souffraient d’un déficit en ferritine impactant leur énergie et leurs performances. Les seules à n’être pas concernées étaient sous pilule et présentaient d’autres déficits tout aussi embêtants : vitamines du groupe B, zinc….taux de cuivre excessif…

Qu’un athlète ait besoin ou non de compléments alimentaires se détermine avec une biologie cohérente, analysée avec des valeurs de santé optimale et non des moyennes statistiques.

On ne peut pas affirmer que seuls les élites ont besoin de se complémenter sans mettre en danger des milliers de sportifs amateurs qui sont probablement en état de déficit ou de carence, et dont la santé est en train de décliner : ferritine, b12, b9, zinc, B6, coQ10, sélénium, oméga3, sont autant de marqueurs dont les besoins et les pertes sont augmentés chez les sportifs, qu’ils soient amateurs ou non.

À partir de 4h d’entrainement par semaine, il me semble essentiel de consulter pour s’assurer qu’on ne manque de rien et qu’on fait bien les choses, à la fois à la prise de sang, mais aussi dans l’assiette
, à l’entraînement et en compétition.

J’aimerais que les débats se concentrent sur la prévention dans les milieux sportifs, sur le déficit énergétique, sur les TCA, sur l’absence de suivi médical adapté chez les amateurs, qui ont eux aussi besoin de soigner leur santé, sur le PPS qui laisse seuls et met en danger des milliers de nouveaux pratiquants, sur l’impact des influenceurs sur la prise aveugle de compléments mal dosés dont ils n’ont sûrement pas besoin, plutôt que sur des polémiques absconses qui n’ont pas lieu d’être.

Merci de m’avoir lue !



  1. https://beaubourg-avocats.fr/sportif-amateur/ ↩︎
  2. https://lmp-sante.fr/fruits-legumes-daujourdhui-moins-nourrissants-ceux-1950/ ↩︎
  3. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12223051/
    ↩︎
  4. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/anemie-par-carence-en-fer/symptomes-diagnostic ↩︎

Les 5 erreurs que tu fais (peut-être) et qui sabotent tes performances.

Je souhaitais vous partager aujourd’hui les 5 erreurs les plus courantes que font les athlètes que je vois en consultation, et qui sabotent leur entrainement, leurs performances et les empêchent d’atteindre leur plein potentiel !

Peut-être que toi aussi, tu fais l’une ou plusieurs de ces erreurs.
Auquel cas, cet article est pour toi !

Erreur n°1
Ne pas s’alimenter suffisamment avant les sorties !
Courir à jeun ou après un à plusieurs repas insuffisants en termes d’apports glucidiques, protéiques, et lipidiques, t’expose à :

  • Un manque d’énergie / une faiblesse musculaire
  • Une sensation de batterie vide / un mental en berne
  • Hypoglycémie / coup de barre
  • Récupération retardée et limitée induisant un retour à l’entrainement avec des batteries rechargées à 60% et pas 100% !

Erreur n°2
Ne miser que sur les gels et l’eau plate en compétition.
Limiter ta stratégie nutritionnelle en course à l’unique prise de gels et d’eau plate, c’est faire 1/8e du travail et te priver de solutions alternatives ou complémentaires qui amélioreraient tes performances, mais aussi ta récupération post compétition.

Ce que tu risques en te limitant aux gels et à l’eau plate :

  • Mauvaise assimilation et douleurs stomachales
  • Wrong timing dans la prise et rechute ou hypoglycémie. Les gels ont un effet coup de fouet mais qui hélas, ne dure jamais longtemps.
  • Hyponatrémie liée à un apport insuffisant en sodium
  • Rupture de l’équilibre en électrolytes liée à une compensation des pertes avec une boisson adaptée
  • Résultat : tu te mets en difficulté alors qu’une approche nutritionnelle calibrée devrait au contraire te faciliter la tâche.

Erreur n°3
Faire l’impasse sur l’entrainement du système digestif ou « gut training »
Un système digestif qui n’est pas habitué à être sollicité pendant l’effort finira par te poser des problèmes en compétition. Tu entraines tes muscles, ton coeur et tes articulations, pourquoi ne le fais-tu pas avec ton système digestif alors qu’il est un acteur clé de ta performance. 1Une étude sur les troubles digestifs chez les marathoniens a révélé que 27% d’entre eux ont signalés avoir subi des symptômes gastro-intestinaux pendant la course. On comprend que ces conditions sont loin d’être idéales pour atteindre son objectif.

Faire l’impasse sur l’entrainement intestinal ou « gut training », c’est s’exposer le jour J à :

  • Des nausées, points de côté, vomissements, envies pressantes, gaz….
  • Une course désagréable.
  • Un DNF ou abandon pour cause de gênes intolérables

Erreur n°4
Faire l’autruche sur les déficits mico-nutritionnels

Les sports d’endurance sont particulièrement énergivores et nombreux sont les athlètes (amateurs compris) à cumuler les déficits en vitamines, minéraux et oligo-éléments. Plus tu laisses trainer, plus tes déficits se creusent, pour t’amener insidieusement et plus ou moins silencieusement vers :

  • Le surentrainement, la fatigue chronique
  • Faiblesses immunitaires / atteintes virales régulières
  • Dysfonctionnements hormonaux (thyroïde, aménorrhée, libido en vrac, burn out…)
  • Blessures et fractures de fatigue
  • Dépression, moral en dent de scie

Erreur N°5
Se complémenter à l’aveugle
Prendre des compléments au hasard sans avoir objectivé tes besoins avec un spécialiste est problématique pour plusieurs raisons :
Certaines vitamines ou anti-oxydants pris en excès ou sans besoin réel peuvent être néfastes et avoir l’effet inverse de celui escompté.
Prendre ou associer certains compléments au mauvais moment peut annuler leur assimilation, voire provoque de l’oxydation.
Notons aussi ici qu’en voulant aller au plus économique, certains laboratoires peu scrupuleux vont sacrifier la qualité et l’efficacité de leurs produits en choisissant des molécules moins assimilables. C’est souvent le cas pour le magnésium qui doit faire l’objet d’une attention particulière.

En te supplémentant à l’aveugle, tu risques de

  • Perdre ton temps
  • Perdre ton argent
  • Et parfois même, perdre ta santé alors que tu pensais bien faire

Ces 5 erreurs, je les retrouve chez 90% des athlètes que j’accompagne.
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour y remédier et remettre de la cohérence, et de la science dans ce que tu fais, avec à la clé des performances à la hauteur de ton potentiel et de l’énergie pour t’entrainer.

C’est ce que je propose de voir en consultation avec :

  • Une analyse complète de ta nutrition
  • L’objectivation de tes déficits
  • L’nalyse de ta nutrition autour et pendant tes sorties et compétitions
  • L’évaluation de tes capacités de récupération

À partir de là, je te propose un protocole complet pour t’aider à atteindre les performances pour lesquelles tu t’entraines sans sacrifier ta santé.
Si tu souhaites prendre rendez-vous, tu peux me contacter via ce formulaire.

  1. https://www.mdpi.com/2072-6643/10/7/811?utm_source=chatgpt.com ↩︎