Affirmer que les amateurs n’ont pas besoin de compléments, c’est ignorer la réalité des sports d’endurance.

J’ai récemment vu tourner sur les réseaux une interview dans laquelle il est matraqué que les athlètes amateurs n’ont pas besoin de prendre des compléments alimentaires, que ces derniers s’avèrent « dangereux et délétères pour la santé », avec pour exemple la mort d’un jeune homme qui avait acheté un « brûle-graisses » sur internet.

Cet interview m’a semblé problématique pour différentes raisons, et j’aimerais vous partager ici mon point de vue, car j’accompagne principalement des athlètes amateurs, et que je ne suis absolument pas d’accord avec cette prise de position aussi dangereuse que lacunaire et trompeuse.

On debrief tout ça ensemble avec 4 points litigieux :

Premier point litigieux : « les athlètes amateurs ».
De qui parle t-on exactement ici?

Comme j’aime définir clairement les choses, et qu’il me semble essentiel de comprendre de quoi l’on parle en général….je vous partage une définition claire trouvée sur le site d’un cabinet d’avocats :

« Dans la logique du droit du travail et du droit commercial, une loi du 27 novembre 2015 visant à protéger les sportifs de haut niveau définit le sportif professionnel comme une personne : subordonnée juridiquement à une association sportive ou une société, rémunérée pour l’exercice d’une activité sportive »1

Un sportif amateur en somme, c’est un sportif qui ne gagne pas d’argent avec sa pratique.

Alors en quoi est-ce que le fait de ne pas être rémunéré pour sa pratique impacterait-il le besoin ou non de prendre des compléments alimentaires?

Je vois chaque semaine en consultation des sportifs amateurs, donc non rémunérés, qui ont des volumes d’entraînements très importants, parfois proche de certains élites, et qui ont forcément un impact sur leur physiologie et leurs besoins micro/nutritionnels.

L’argument élite / amateur ne tient pas la route, à moins que par « amateur », l’interviewé sous-entendait des sportifs avec un niveau trop faible pour que cela ait un impact sur leur statut micro-nutritionnel. Et encore, même dans ce cas on peut avoir des surprises, car l’entraînement seul n’est pas un repère satisfaisant pour juger du besoin ou non de se complémenter.

Quand on voit l’engouement général pour les sports d’endurance et l’état de santé des gens, je crois qu’il faudrait plutôt véhiculer le message opposé : Si vous êtes amateur et que vous souhaitez pratiquer un sport d’endurance, assurez-vous avant tout d’être en bonne santé et de bien faire les choses pour maintenir cet état de bonne santé et vous assurer des performances dignes de votre potentiel.

Deuxième point litigieux : « tout est dans l’alimentation, il suffit de manger de tout »

Encore une fois ici, nous restons dans le vague. Si par « tout » on entend vitamines, minéraux et oligo-éléments, alors non, « tout » ne se trouve pas dans l’alimentation, et encore moins dans l’alimentation de sportifs, non professionnels de la nutrition, qui peinent à évaluer leurs besoins en termes d’apports nutritionnels, ou qui n’ont tout simplement pas les bons réflexes en ce qui concerne la saisonnalité, l’importance de favoriser l’agriculture biologique ni le choix des aliments les plus pertinents en terme de densité nutritionnelle.

Chaque semaine en consultation, je mène un immense travail d’éducation et de transmission pour aider les athlètes amateurs qui font appel à mes services à organiser leur nutrition de manière cohérente et optimale afin que celle-ci soutienne efficacement leur métabolisme. Je vous l’assure, la majorité ne sait pas « tout » trouver dans l’alimentation. Ça n’est pas inné et ça n’est pas enseigné dans les écoles.

Autre problème, la qualité des sols étant ce qu’elle est aujourd’hui, nous nous retrouvons avec des produits pollués, dont la densité nutritionnelle est loin de ce qu’elle devrait être : Une pomme aujourd’hui contient par exemple 50x moins de vitamine C qu’une pomme récoltée dans les années 50. La viande rouge, quant à elle, apporte deux fois moins de fer qu’il y a 70 ans…2

Ça n’est clairement pas en mangeant « de tout » que l’on s’assure un bon statut micro-nutritionnel… D’ailleurs si l’on doit manger « de tout », cela implique aussi produits ultra-transformés, charcuterie de supermarché, ces crèmes dessert ultra sucrées et tomates en hiver?

(…)

J’aimerais ajouter pour clore ce point n°2 que 90% des athlètes amateurs que je vois, sont, le jour de la consultation de bilan initial, en déficit énergétique. Difficile d’aller trouver ce fameux « tout » dans l’alimentation si celle-ci est déjà déficitaire.

Troisième point litigieux : Un sportif est mort en achetant un « brûle-graisse » sur internet.

Le débat qui devait initialement concerner les vitamines, minéraux et oligo-éléments, s’éloigne pour aborder la question d’un « brûle graisse » acheté par « un sportif » « sur internet ».
Encore une information vague car on ne sait ni de qui il s’agit, ni quel produit cette personne a commandé, ni comment elle l’a pris. Aucune information sur ses antécédents, son équilibre mental ou autre…

De faire d’un cas obscur une généralité, ça n’a rien de scientifique, ni de très pertinent.

Et puis quel rapport avec les compléments alimentaires les plus consommés par les sportifs? à savoir le magnésium, le zinc, la créatine ou le fer? c’est là que doit se situer le débat, pas sur un produit « brûle graisse » qui n’a rien à voir avec la pratique sportive.

Les compléments alimentaires ne doivent évidemment pas être achetés à l’aveugle et pris sans conseil éclairé ni biologie préalable. Il est tout à fait courant de faire des erreurs en souhaitant se supplémenter seul. C’est même récurent. Le débat aurait du être orienté dans cette direction pour apporter une information utile aux fameux amateurs. Instiller la paranoïa avec des arguments fallacieux sur un produit farfelu me semble là encore problématique.

Le vrai problème ici, c’est l’auto-médication à la sauvage alors qu’il est essentiel de faire appel à un professionnel pour évaluer d’abord ses déficits, choisir les bons produits, les prendre sur un temps adapté, et ré-évaluer la pertinence ou non de continuer la cure.

Et pour cela, mieux vaut faire appel à un spécialiste des sports d’endurance formé à la micro-nutrition car les normes laboratoires ne reflèteront pas les besoins spécifiques des sportifs d’endurance.

Petit exemple avec la ferritine dont le taux optimal pour un sportif d’endurance a été évalué entre 50 et 130ng/ml3. Hors, si l’on se réfère aux normes laboratoires, on constate qu’un taux de ferritine allant de 20ng/ml à 400ng/ml est considéré comme normal.4

La norme n’est pas la normalité en ce qui concerne les sportifs, amateurs ou élites.
Et cette conclusion nous mène directement à mon dernier point.

100% des athlètes amateurs que j’accompagne présentent à la consultation de bilan initial un ou plusieurs déficits en micro-nutriments essentiels à la production d’énergie, au métabolisme, à l’immunité ou au fonctionnement hormonal.

99,98% des athlètes féminines qui font appel à mes services, souffraient d’un déficit en ferritine impactant leur énergie et leurs performances. Les seules à n’être pas concernées étaient sous pilule et présentaient d’autres déficits tout aussi embêtants : vitamines du groupe B, zinc….taux de cuivre excessif…

Qu’un athlète ait besoin ou non de compléments alimentaires se détermine avec une biologie cohérente, analysée avec des valeurs de santé optimale et non des moyennes statistiques.

On ne peut pas affirmer que seuls les élites ont besoin de se complémenter sans mettre en danger des milliers de sportifs amateurs qui sont probablement en état de déficit ou de carence, et dont la santé est en train de décliner : ferritine, b12, b9, zinc, B6, coQ10, sélénium, oméga3, sont autant de marqueurs dont les besoins et les pertes sont augmentés chez les sportifs, qu’ils soient amateurs ou non.

À partir de 4h d’entrainement par semaine, il me semble essentiel de consulter pour s’assurer qu’on ne manque de rien et qu’on fait bien les choses, à la fois à la prise de sang, mais aussi dans l’assiette
, à l’entraînement et en compétition.

J’aimerais que les débats se concentrent sur la prévention dans les milieux sportifs, sur le déficit énergétique, sur les TCA, sur l’absence de suivi médical adapté chez les amateurs, qui ont eux aussi besoin de soigner leur santé, sur le PPS qui laisse seuls et met en danger des milliers de nouveaux pratiquants, sur l’impact des influenceurs sur la prise aveugle de compléments mal dosés dont ils n’ont sûrement pas besoin, plutôt que sur des polémiques absconses qui n’ont pas lieu d’être.

Merci de m’avoir lue !



  1. https://beaubourg-avocats.fr/sportif-amateur/ ↩︎
  2. https://lmp-sante.fr/fruits-legumes-daujourdhui-moins-nourrissants-ceux-1950/ ↩︎
  3. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12223051/
    ↩︎
  4. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/anemie-par-carence-en-fer/symptomes-diagnostic ↩︎

De l’adaptation à la dysfonction : la bascule insidieuse du sportif d’endurance

Que se passe t-il sur un plan physiologique pour que l’athlète, petit à petit, bascule de l’adaptation vers la désadaptation, puis la dysfonction?

Des athlètes en désadaptation ou en dysfonction, j’en vois souvent en consultation.
Souvent il s’agit de personnes investies, avec un bon niveau, soucieuses de progresser et de dépasser leurs limites pour vivre pleinement leur passion.

Alors, comment expliquer qu’un jour tout bascule?
Plus de jus, plus de mental, plus d’énergie, des blessures, des soucis hormonaux.
Qu’a t-il pu bien se passer alors que d’apparence “tout allait bien?”

  1. L’adaptation : Un corps qui s’ajuste et se renforce.

Le principe de l’entrainement, c’est l’exercice d’une contrainte répétée et mesurée dans le but d’obtenir une adaptation physiologique et une progression.

Les adaptations sont d’ordre :

  • Cardiovasculaires : amélioration de la FC, du débit sanguin, meilleure vascularitsation
  • Métaboliques : amélioration du VO2max, meilleure utilisation des lipides et augmentation du glycogène
  • Hormonales : réorganisation des hormones dans le but de trouver une économie d’énergie efficiente.

En général, au début d’une pratique sportive (réfléchie), ces adaptations se font correctement, le sportif progresse. Tout va plutôt bien.

2. Le glissement commence lorsque l’athlète entre dans une zone “grise”
Le volume et l’intensité augmentent mais  les besoins énergétiques et de récupération derrière ne suivent pas.

Les premiers symptômes sont discrets, ils peuvent se confondre avec un manque de motivation, un coup de mou passager, et pousser le sportif à persévérer, ignorant ainsi les premiers signes que lui envoie son corps :

Fatigue + importante
Sommeil instable / léger / réveils nocturnes
Perte de plaisir
Obsession autour de l’entrainement
Petites douleurs ou tensions ici et là
Digestion perturbée
Le corps et le mental ont de + en + de mal à s’adapter.

La désadaptation a bel et bien commencé.

Les marqueurs physiologiques commencent à flancher : Certaines hormones (T4-T3 – Testostérone – Leptine) restent basses alors que d’autres (Cortisol – Adrénaline) sont sécrétées en excès.

Niveau ressentis, l’athlète peut expérimenter :

Fatigue durable
Sommeil fragmenté
Problèmes digestifs
Perte de plaisir
Perte de libido
Humeur instable
Cycle irréguliers
Douleurs musculaires, ostéo-articulaires

L’athlète glisse un peu plus vers la dysfonction.

3. Et puis un jour, c’est la bascule.

L’athlète persiste à s’entrainer sans écouter les signaux de son corps et sans rien changer, ni à son mode de vie ni à sa nutrition. L’organisme bascule alors en mode survie. 
Les atteintes hormonales sont installées.

C’est là que l’on observe par exemple :

Hypothyroïdie fonctionnelle
Hypogonadisme
RED-S

    L’organisme à ce stade a quitté le mode désadaptation et est entré en dysfonction.

    Ce glissement se voit très souvent en endurance, et ce pour trois raisons :

    1. De nombreux athlètes sont en déficit énergétique chronique et l’ignorent. Ils mangent “sainement” mais pas suffisamment pour honorer leurs besoins réels (qui sont très augmentés par rapport à ceux d’un sédentaire)
    2. La charge de stress cumulés dans la vie d’un athlète amateur peut être très importante : travail, famille, entraînement, soucis divers…Le stress chronique impacte profondément l’axe hormonal.
    3. Les déficits en vitamines et minéraux chez les athlètes d’endurance sont une réalité. Et qui dit déficits dit dysfonctions générales de tout les systèmes.

    Ces trois pôles mettent l’organisme en trop grande difficulté. Ça tient en général quelques mois ou années selon le point de départ de l’athlète, puis ça finit par basculer.

    Il est essentiel de comprendre que :

    Plus tu t’entraînes, plus tes besoins en macro (glucides, lipides, protéines) et micro nutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments) augmentent.

    D’une part, pour faire fonctionner l’organisme à l’entraînement et répondre aux sollicitations musculaires, cardiaques, respiratoires, énergétiques.

    Mais aussi pour réparer les dégâts infligés au corps par la pratique et l’aider à s’adapter et se consolider : micro-lésions musculaires, stress oxydatif, déséquilibre hormonal…

    À ne jamais prendre en compte cet aspect de ta vie d’athlète, tu creuses petit à petit tes déficits, tu fragilises tes fonctions et te diriges lentement mais sûrement vers la bascule de ton organisme en mode survie !

    Tu aimerais éviter d’en arriver là?
    Tu te demandes si tu n’es pas déjà en désadaptation ou dysfonction?

    La consultation de bilan initial que je propose te permettra de :

    • Comprendre la cause et l’origine des soucis rencontrés (axe hormonal, blessures, fatigue chronique, stagnation…)
    • Connaitre tes besoins réels en macro-nutriments via une analyse détaillée de ta nutrition (au quotidien et autour de tes séances)
    • Objectiver tes déficits vitaminiques et y remédier via des compléments de qualité, et des cures individualisées
    • Bénéficier de mes recommandations et de mon suivi régulier pour retrouver ton équilibre, obtenir des performances à la hauteur de ton potentiel réel, le tout, sans sacrifier ta santé.

    Tu peux me contacter via la rubrique  » prendre rendez-vous »

    Les 5 erreurs que tu fais (peut-être) et qui sabotent tes performances.

    Je souhaitais vous partager aujourd’hui les 5 erreurs les plus courantes que font les athlètes que je vois en consultation, et qui sabotent leur entrainement, leurs performances et les empêchent d’atteindre leur plein potentiel !

    Peut-être que toi aussi, tu fais l’une ou plusieurs de ces erreurs.
    Auquel cas, cet article est pour toi !

    Erreur n°1
    Ne pas s’alimenter suffisamment avant les sorties !
    Courir à jeun ou après un à plusieurs repas insuffisants en termes d’apports glucidiques, protéiques, et lipidiques, t’expose à :

    • Un manque d’énergie / une faiblesse musculaire
    • Une sensation de batterie vide / un mental en berne
    • Hypoglycémie / coup de barre
    • Récupération retardée et limitée induisant un retour à l’entrainement avec des batteries rechargées à 60% et pas 100% !

    Erreur n°2
    Ne miser que sur les gels et l’eau plate en compétition.
    Limiter ta stratégie nutritionnelle en course à l’unique prise de gels et d’eau plate, c’est faire 1/8e du travail et te priver de solutions alternatives ou complémentaires qui amélioreraient tes performances, mais aussi ta récupération post compétition.

    Ce que tu risques en te limitant aux gels et à l’eau plate :

    • Mauvaise assimilation et douleurs stomachales
    • Wrong timing dans la prise et rechute ou hypoglycémie. Les gels ont un effet coup de fouet mais qui hélas, ne dure jamais longtemps.
    • Hyponatrémie liée à un apport insuffisant en sodium
    • Rupture de l’équilibre en électrolytes liée à une compensation des pertes avec une boisson adaptée
    • Résultat : tu te mets en difficulté alors qu’une approche nutritionnelle calibrée devrait au contraire te faciliter la tâche.

    Erreur n°3
    Faire l’impasse sur l’entrainement du système digestif ou « gut training »
    Un système digestif qui n’est pas habitué à être sollicité pendant l’effort finira par te poser des problèmes en compétition. Tu entraines tes muscles, ton coeur et tes articulations, pourquoi ne le fais-tu pas avec ton système digestif alors qu’il est un acteur clé de ta performance. 1Une étude sur les troubles digestifs chez les marathoniens a révélé que 27% d’entre eux ont signalés avoir subi des symptômes gastro-intestinaux pendant la course. On comprend que ces conditions sont loin d’être idéales pour atteindre son objectif.

    Faire l’impasse sur l’entrainement intestinal ou « gut training », c’est s’exposer le jour J à :

    • Des nausées, points de côté, vomissements, envies pressantes, gaz….
    • Une course désagréable.
    • Un DNF ou abandon pour cause de gênes intolérables

    Erreur n°4
    Faire l’autruche sur les déficits mico-nutritionnels

    Les sports d’endurance sont particulièrement énergivores et nombreux sont les athlètes (amateurs compris) à cumuler les déficits en vitamines, minéraux et oligo-éléments. Plus tu laisses trainer, plus tes déficits se creusent, pour t’amener insidieusement et plus ou moins silencieusement vers :

    • Le surentrainement, la fatigue chronique
    • Faiblesses immunitaires / atteintes virales régulières
    • Dysfonctionnements hormonaux (thyroïde, aménorrhée, libido en vrac, burn out…)
    • Blessures et fractures de fatigue
    • Dépression, moral en dent de scie

    Erreur N°5
    Se complémenter à l’aveugle
    Prendre des compléments au hasard sans avoir objectivé tes besoins avec un spécialiste est problématique pour plusieurs raisons :
    Certaines vitamines ou anti-oxydants pris en excès ou sans besoin réel peuvent être néfastes et avoir l’effet inverse de celui escompté.
    Prendre ou associer certains compléments au mauvais moment peut annuler leur assimilation, voire provoque de l’oxydation.
    Notons aussi ici qu’en voulant aller au plus économique, certains laboratoires peu scrupuleux vont sacrifier la qualité et l’efficacité de leurs produits en choisissant des molécules moins assimilables. C’est souvent le cas pour le magnésium qui doit faire l’objet d’une attention particulière.

    En te supplémentant à l’aveugle, tu risques de

    • Perdre ton temps
    • Perdre ton argent
    • Et parfois même, perdre ta santé alors que tu pensais bien faire

    Ces 5 erreurs, je les retrouve chez 90% des athlètes que j’accompagne.
    La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour y remédier et remettre de la cohérence, et de la science dans ce que tu fais, avec à la clé des performances à la hauteur de ton potentiel et de l’énergie pour t’entrainer.

    C’est ce que je propose de voir en consultation avec :

    • Une analyse complète de ta nutrition
    • L’objectivation de tes déficits
    • L’nalyse de ta nutrition autour et pendant tes sorties et compétitions
    • L’évaluation de tes capacités de récupération

    À partir de là, je te propose un protocole complet pour t’aider à atteindre les performances pour lesquelles tu t’entraines sans sacrifier ta santé.
    Si tu souhaites prendre rendez-vous, tu peux me contacter via ce formulaire.

    1. https://www.mdpi.com/2072-6643/10/7/811?utm_source=chatgpt.com ↩︎

    Sport d’endurance et alimentation saine, pourquoi ça ne marche pas?

    Un titre un peu provoc qui va faire dresser les cheveux sur la tête d’un grand nombre de personnes. Je vous rassure tout de suite, vous pouvez respirer, vous détendre, ça va bien se passer. Lisez tout l’article et vous comprendrez l’objet de ce titre.

    J’ai souhaité aujourd’hui écrire un article sur le concept d’alimentation saine dans les sports d’endurance parce que je constate qu’il y a un biais sur cette thématique et que certain(e)s sportives(fs) pensent que manger « sainement » leur suffit. La mauvaise nouvelle, c’est que non, ça ne suffit pas, la bonne nouvelle, c’est qu’une partie du chemin est fait. Parce que je vois aussi des athlètes qui ne mangent ni suffisamment, ni sainement (….)

    Mais de quoi parle t-on quand on parle de manger sainement? Est-ce que l’on parle de manger bio? de manger beaucoup de crudités? de boire des jus verts et des smoothies? 100% végétal? 100% cétogène? d’éviter les produits transformés, le gluten, le sucre?

    Je reviens à mon titre et je vais expliquer en quelques paragraphes pourquoi manger simplement « sainement » ne peut pas fonctionner quand on pratique un sport d’endurance.

    1. Il est avant tout nécessaire de définir les termes que l’on utilise pour comprendre de quoi on parle.

    Hors, il existe un flou immense autour de ce concept d’alimentation saine et autant de définitions qu’il y a de personnes pour en produire. Cela peut varier du tout au tout en fonction de l’éducation alimentaire que l’on a reçue, de notre niveau social, de nos biais et de nos croyances. Faites le test et essayez de donner une définition à cette notion. Et si l’on se penche sur 1 la définition donnée par l’organisation mondiale pour la santé, on réalise vite qu’elle ne correspond pas non plus aux besoins très spécifiques des sportifs d’endurance.

    Alimentation saine ne veut pas dire alimentation satisfaisante pour un athlète d’endurance. Il faut aller plus loin et prendre en compte les notions d’apports et de densité nutritionnels.

    2. Autre problème avec l’alimentation « saine », c’est qu’elle ne prend pas en compte les notions de densité et d’apports et peut être totalement défaillante sur un plan nutritionnel en termes d’apports en macro et micro nutriments.

    Macro = glucides, protéines, lipides.
    Micro = vitamines, oligo-éléments, minéraux.

    Dans ce contexte, on comprend que l’on peut manger sainement et s’affamer en même temps.

    Exemple, une énorme salade verte garnie de crudités et de graines avec un avocado toast au pain au levain. Un lunch super healthy et instagramable certes, mais totalement défaillant d’un point de vue nutritionnel.
    Ça passe en fin de semaine de récupération de manière occasionnelle, mais pas en phase d’entrainement ou juste après une course.
    À miser uniquement sur le côté sain, on court le risque (sans mauvais jeux de mots) de ne pas s’alimenter suffisamment et de basculer très vite dans le déficit énergétique et la myriade de problèmes qui y sont associés : épuisement, fractures de fatigue, blessures, dysfonctions hormonales (thyroide en vrac, disparition du cycle menstruel ou yoyo permanent, sautes d’humeur, absence de libido…)

    Nous l’avons vu, le concept seul d’alimentation saine fait l’impasse sur les besoins nutritionnels des athlètes, besoins drastiquement augmentés par leur pratique et par les nombreux processus internes permettant :

    La reconstruction musculaire
    – La remise en réserve de stocks de glycogène satisfaisants
    – L’élimination des déchets métaboliques
    – La réparation ostéo-articulaire
    – La lutte contre le stress oxydatif
    – La modulation de l’inflammation

    Toutes ces étapes nécessitent des apports importants et cohérents en glucides, protéines, lipides, mais aussi en anti-oxydants, omégas 3 et eau faiblement minéralisée.
    Une simple tarte aux légumes avec une salade en accompagnement, bien que saine, ne permettra pas à tous ces processus d’opérer.

    Manger sainement dans le sens de choisir des produits bruts et le moins transformés possibles, de qualité biologique, de saison et de préférence locaux, OUI OUI ET RE OUI, c’est une évidence absolue et je ne peux que recommander d’aller au maximum vers des produits qualitatifs et non transformés. En revanche, se limiter à ce concept de « manger sainement » sans prendre en compte les besoins nutritionnels spécifiques et essentiels à sa pratique et à sa récupération, c’est faire une grave erreur.

    L’idéal est de choisir une alimentation saine, mais satisfaisante en termes de densité nutritionnelle et d’apports caloriques, et adaptée aux différentes phases de sa vie d’athlète : Prépa spécifique / phase de pic / réduction de l’entrainement / semaine avant course / semaine de récupération.

    Un unique et savant mélange, garant d’une vie sportive épanouissante et durable.


    J’aimerais donner un dernier exemple plus concret.

    Prenons le cas de Marie, une athlète qui tient à manger le plus sainement possible mais en oubliant l’essentiel : ses besoins réels de sportive d’endurance. Cette sportive en question a pris pour habitude de boire des smoothies après ses courses et sorties longues.

    Ses motivations sont louables : prise de glucides, apports en principes verts dans l’idée de nettoyer son corps des toxines, hydratation. Seulement Marie boit son smoothie avant l’heure du déjeuner et se coupe ainsi totalement la faim. Résultat, le repas suivant qui devrait être riche en glucides, protéines et acides gras est boudé, laissant Marie dans un état de dénutrition insidieux.

    À force de fonctionner comme ça, Marie, qui pense pourtant bien faire a de plus en plus de difficultés à récupérer, elle cumule les déficits, et se fait une fracture de fatigue.

    En réajustant le moment de la prise de son smoothie, en re-programmant son alimentation pour qu’elle corresponde à ses attentes mais aussi à ses besoins, et en comblant les déficits identifiés, Marie retrouve de l’énergie et donne à son corps les moyens de s’adapter à la charge d’entrainement et de ne plus se blesser.

    Si tu as envie de comprendre et de savoir exactement ce que tu as besoin de manger pour répondre aux besoins de ton corps et ne pas sacrifier ta santé ou ta pratique, si toutes ces notions de macro-nutriments et de micro-nutriments sont floues mais t’interpellent, réserve dés maintenant ton rendez-vous de bilan.

    Je t’expliquerai tout pas à pas et te guiderai pour que ton alimentation soit une alliée et pas un grand brouillard incompréhensible.


    À bientôt en consultation ou ici pour un autre article !

    1. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/healthy-diet ↩︎

    Réinventer sa pratique. Les questions à se poser quand on est bloqué(e).

    Réinventer sa pratique quand on fait face à un mur, un blocage, une pause forcée, je pense que c’est une étape essentielle et incontournable dans la vie de chaque athlète qui souhaite avancer, progresser, voir évoluer son expérience et son rapport à la course, au sport, peu importe lequel.

    Quand on commence une activité sportive, on a tendance à chercher l’information ailleurs, à appliquer des formules glanées ici et là, partagées par d’autres qui ont l’air de mieux savoir que nous, et c’est sûrement le cas.

    On y va à tâtons, (ou pas), on expérimente, parfois on se trompe, on en fait trop, ou pas assez, bref, on essaie.

    Au fil du temps un équilibre semble s’installer, on trouve son rythme et sa routine, on se familiarise avec les séances, on comprend mieux comment notre cœur et nos muscles réagissent, ce dont ils ont besoin, bref, on s’acclimate.

    Viennent ensuite les dossards et les compétitions, l’envie de se confronter à ses limites et de les dépasser, d’aller au-delà de ce qui est acquis…

    On augmente le volume, on met plus d’intensité, on choisit des distances avec plus de challenge… et à côté, la routine de vie, elle, n’évolue pas. L’alimentation reste la même, les sources de stress périphériques aussi, le sommeil n’est pas la priorité, on ne pense pas à boire plus d’eau dans la journée…

    C’est là que quelque chose de l’ordre du vacillement opère. Le corps et le mental ne parviennent plus à suivre, c’est insidieux, ça ne prévient pas, enfin si, mais on n’écoute pas.

    La petite fatigue en plus, le cardio qui change, les humeurs instables, la libido qui s’effondre…Quelque chose ne fonctionne plus comme avant, on le sent. Certains choisissent de faire l’autruche, « ça passera », d’autres entendent et cherchent de l’aide. Une aide compliquée à trouver dans un monde de spécialités où chaque approche est distincte de la suivante. Quand on est athlète, on a besoin d’être compris et appréhendé dans sa globalité, dans son individualité, pas morceau par morceau, problème par problème. Tout est lié, tout est corrélé.

    Mais revenons au sujet du jour.

    Si on ne prend pas rapidement les choses en mains, alors on se prépare à affronter bientôt un mur, un mur de fatigue, un mur de stagnation, un mur de fracture ou de pathologie sen « ite », un mur d’incompréhension, de lassitude, de déception. Et pourtant, quand on a commencé, ça n’était vraiment pas après ça que l’on avait envie d’aller.

    Avant d’en arriver là, si vous sentez que ce texte vous concerne, je vous invite à vous poser ces quelques questions, et à repenser votre pratique pour qu’elle reste durable et joyeuse.

    Prendre le temps de s’interroger sur son chemin et sur celui qu’il reste à parcourir, c’est se donner la possibilité de vivre une pratique sur du long terme et de ne pas exploser en plein vol.

    Parce que courir sans jamais analyser, conscientiser ce que l’on fait, c’est faire la moitié du chemin, c’est avancer avec un bandeau qui nous cache la moitié du paysage. Et c’est dommage.

    Je vous invite aujourd’hui à vous interroger sur votre pratique avec ces questions inspirées du merveilleux ouvrages de Christophe Fauré « Maintenant ou jamais », que j’ai appliqué au domaine de la course à pied.

    Prenez le temps de vous poser pour y répondre, sincèrement, spontanément, sans faux semblant, et à en tirer les justes enseignements ensuite.



    1. Qu’avez-vous appris de votre pratique de la course à pied jusqu’à présent?
    Quelles sont les leçons que vous en avez tirées? Lesquelles souhaitez-vous garder ?

    2. À quels endroits vous sentez-vous coincé.es? bloqué.es? inhibé.es? D’où viennent ces blocages? Que vous racontent-ils?
    Nommez avec précision ces espaces (ex : je suis incapable de courir vite / Courir un marathon c’est impossible pour moi / Je suis incapable de bien gérer ma nutrition / Je ne progresse pas, je suis nul.le / Je n’ose pas prendre de dossard)

    3. Est-ce qu’il y a des comportements négatifs que vous trainez dans votre pratique et dont vous aimeriez vous défaire?
    ex : je ne fais jamais d’EF / je cours toujours la même distance / j’ignore le renforcement musculaire / je ne m’alimente pas bien / je néglige la récupération…

    4. Quels axes pourriez-vous honnêtement améliorer? Nutrition? Hydratation? Préparation mentale ? Confiance ? Équipement? Entrainement global? Micro-nutrition ? État d’esprit?

    5. De quoi êtes-vous réellement fière/fier dans votre pratique ?
    Sur quels aspects êtes-vous vraiment en confiance ? Que faites-vous de bien ? C’est le moment de vous complimenter :)

    6. Quels sont vos talents, vos points forts?
    Quelles sont les distances ou les entrainements qui vous permettent d’exprimer au mieux votre potentiel? (distances courtes? endurance? fractionnés?)

    7. Avez-vous des rêves, distances, courses, chronos que vous aimeriez réaliser?
    Comment pourriez-vous faire de ces rêves votre prochaine réalité? Objectivement, matériellement.

    8. Qu’est-ce qui vous apporte réellement de la joie, du bien-être, quand vous courrez?
    Est-ce que vous vous autorisez tout cela régulièrement?
    (ex : courir en pleine nature loin de la ville, m’arrêter quand je croise des animaux ou pour regarder un paysage, retrouver mes amis au club, fouler le bitume avec mes écouteurs et être dans ma bulle…)

    9. Quel.les athlètes amateurs ou élites vous inspirent?
    Qu’admirez-vous chez elles/eux que vous aimeriez incarner un peu plus à votre niveau?

    10. Comment vous visualisez-vous dans 6 mois, 1 an, 10 ans…? Comment y parvenir concrètement?
    Quel.le coureur/reuse avez-vous envie d’être aujourd’hui et de devenir demain?

    Je vous souhaite une belle réflexion et n’hésitez pas à me faire vos retours si l’exercice vous a plu et aidé !